13 mai 2021

Le Petit Journal

La vérité, rien que la vérité

PRESSE/ Encore un journaliste en prison.

Le Petit Journal le 19/04/2021 : Notre confrère Rabah Kaléche correspondant du quotidien national Liberté a été arrêté et mis sous mandat de dépôt  en prison aujourd’hui  sur ordre d’un juge du tribunal de Tamenrasset. Mais avant cette mise sous mandat de dépôt , Rabah Kaleche a subi beaucoup de pression de la part des services de sécurité,  précise la direction du quotidien qui l’emploie.  Il est reproché à notre confrère des articles qui   ne cadre pas avec ce que veut le Pouvoir. A travers cet autre embastillement d’un journaliste, le message d’abord destiné au collectif de Liberté dont la ligne éditoriale déplait en haut lieu. Second destinataire le collectif qui résiste et qui rapporte encore les marches du Hirak et les incompétences de certains ministres ainsi que les tares du Système. Réagissant  à cette arrestation de l’un de ses journalistes Liberté  a rendu public un communiqué dont voici la teneur.

Ahmed Hammimi.

Communiqué

Liberté a appris avec stupéfaction la mise sous mandat de dépôt de son journaliste Rabah Karèche, correspondant à Tamanrasset. Convoqué dimanche par la police, puis placé en garde à vue, le journaliste a été présenté hier matin devant le procureur de la République qui a transféré le dossier au juge d’instruction. Ce dernier a décidé, à notre grand étonnement, de placer le journaliste en détention provisoire.

Rabah Karèche a été longuement interrogé sur un article publié le jour même de sa convocation par les services de sécurité. L’article en question n’est autre que le compte-rendu d’une manifestation publique organisée par des citoyens de la région qui contestent le nouveau découpage territorial. Officiellement, il est reproché à notre journaliste la « création d’un compte électronique consacré à la diffusion d’informations susceptibles de provoquer la ségrégation et la haine dans la société », la « diffusion volontaire de fausses informations susceptibles d’attenter à l’ordre public » et « l’usage de divers moyens pour porter atteinte à la sureté et l’unité nationale ». Il va de soi que ce ne sont là que des accusations fallacieuses qui cachent mal une volonté de faire taire le journaliste et l’empêcher d’accomplir en toute objectivité son travail, comme l’attestent ses nombreuses convocations, ces derniers mois par les services de sécurité. Connu pour son professionnalisme et son sérieux, Rabah Karèche a de tout temps fait de l’éthique et de la déontologie son sacerdoce.

Le collectif de Liberté dénonce avec la plus grande énergie cette énième atteinte à la liberté de la presse et exige la libération immédiate du journaliste.

Halte à la persécution de la presse

Le journalisme n’est pas un crime