26 septembre 2021

Le Petit Journal

La vérité, rien que la vérité

COMMENTAIRE/ 5 JUILLET : Fête de l’indépendance dites-vous !?

Depuis le 5 juillet de l’après-coup d’état de Boumediene en 1965 l’Algérie n’a connu le pire anniversaire de l’indépendance. Tous les ingrédients sont réunis pour faire de celui de 2021 le plus mauvais. Crise économique et sociale, crise sanitaire, instabilité politique et institutionnelle et pour couronner le tout une violence politique – on ne parle plus de répression- est déployée à grande échelle contre les citoyens, militants politiques, activistes  du Mouvement citoyen, cadres de partis politiques et partis politiques qui osent  murmurer  des  avis politiques sur les affaires du pays. S’ajoute à ce tableau pessimiste  le moral qui  est plus bas au sein de la population. Le dernier scrutin électoral est révélateur à plus d’un titre  sur le climat délétère qui règne dans le pays. Au final de ce scrutin un type inconnu au bataillon devient, avec seulement 141 voix, selon les résultats officiels,  représentant de dizaines de milliers de citoyens. Toujours dans le même sillage 77% des électeurs inscrits ont rejeté le vote en question. L’appel au rejet  de ce scrutin n’émane pas des partis politiques mais par la majorité des citoyens de ce pays. C’est par ailleurs, la troisième sanction populaire  que Tebboune subit en moins de 2 ans.  Le rejet de la feuille de route que le  pouvoir veut imposer au pays est net. Le scrutin de juin 2021 marque, en outre, une rupture entre le pouvoir et la grande majorité  de la population. Le pays est dans une impasse. Mais le régime reste dans  sa logique répressive. Il n’a ni la volonté ni la capacité de dialoguer. A l’occasion du 5 juillet le régime reconnait  qu’il a mis des algériens et des algériennes en prison pour des raisons politiques. Il reconnait, en outre, que la justice est instrumentalisée à cet effet. ‘’ A l’occasion du 59e anniversaire de la fête de l’Indépendance et de la Jeunesse, le ministère de la Justice informe l’opinion publique que le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune a décrété des mesures d’élargissement au profit des jeunes poursuivis pénalement et se trouvant en détention pour avoir commis des faits liés à l’attroupement et autres actes qui y sont liés.  » Indiquait   le communiqué de la Présidence. Ces attroupements sont survenus à la suite d’appels populaires à des marches pacifique revendicatives. Ces marches pacifiques  ont une vocation politique. Au final il n’a jusqu’à présent libéré  que 18 détenus politique sur plus de 300 qui croupissent toujours en prise. Alors nous fêtons quoi ?

Ahmed Hammimi.